Consortium sur l’évaluation des effets des ondes sonores sur la santé des plantes - 2026/2028

L’objectif de CESON est d’explorer la possibilité et les conditions nécessaires à la mise en place d’une évaluation expérimentale de l’impact des ondes sonores sur les mécanismes de défense des plantes face aux bioagresseurs en production maraîchère agroécologique. Dans un contexte où les pratiques agricoles étudiées — notamment l’utilisation de dispositifs sonores pour la protection des cultures — reposent encore sur des bases scientifiques et techniques peu établies, le projet s’intéresse également aux savoirs situés et aux expériences des acteurs qui les mettent en œuvre. L’étude de ces pratiques et des connaissances associées constitue ainsi un volet essentiel pour mieux comprendre leur potentiel, leurs limites et les conditions de leur évaluation. Les enjeux à l’élaboration d’un protocole expérimental à conduire à l’issue de cette réflexion portent sur de multiples dimensions, telles le choix des cultures et des bioagresseurs, parmi la gamme des organismes les plus problématiques en maraîchage ; la spécification du traitement sonore - les ondes sonores utilisées pour des expériences en laboratoire ne sont pas nécessairement les mêmes que celles diffusées par les dispositifs commerciaux que les agriculteurs utilisent, et plus globalement le choix des emplacements des émetteurs, des puissances diffusées, mais aussi le nombre de répétitions par jour, la durée, etc. ; la conception même du protocole : nombre et choix des parcelles, paramètres mesurés, échantillonnages, répétitions, afin d'acquérir des données suffisamment fiables et robustes pour mettre en évidence les potentiels effets des traitements sonores.

Plusieurs travaux récents en biologie végétale ont mis en évidence la capacité des plantes à percevoir des signaux acoustiques dans le domaine audible et à y répondre en modifiant leur fonctionnement à différentes échelles de l’organisme. L’impact des ondes sonores sur la croissance et le développement de plusieurs plantes de culture (orge, blé, riz, etc.) a ainsi été établi, avec des effets sur la croissance, le taux de germination, la maturation, dépendant de la fréquence et de l’intensité des sons.
Quelques résultats existent également en termes de résistance aux stress biotiques et abiotiques, et nous avons en particulier pu montrer en laboratoire que des expositions sonores répétées chez A. thaliana permettaient d’augmenter significativement l’efficacité de la réponse immunitaire aux attaques du champignon nécrotrophe S. sclerotiorum.
Néanmoins, alors que certains dispositifs de diffusion sonore sont commercialisés en France depuis plusieurs années auprès d’agriculteurs, et qu’un premier travail ethnologique a été mené auprès d’utilisateurs d’un des dispositifs existants pour comprendre à la fois les raisons qui les ont amenés à intégrer ce procédé et les manières dont ils s’en emparent, les bases scientifiques en termes agronomiques hors laboratoire sont très lacunaires. Le consortium (UMR LIPME, UMR Innovation, UE Maraichage, UR MIAT) regroupe des scientifiques en agronomie, biologie végétale, acoustique, bioacoustique et modélisation, mais aussi anthropologie de l’environnement

Contact

Benjamin Perrin benjamin.perrin@inrae.fr